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Pourquoi le régime hypocalorique ne fonctionne pas ?

Jean-Philippe par Jean-Philippe Leclère le

Le mythe qui prévaut aujourd'hui est que toutes les calories se valent et qu'il suffirait d'un, augmenter son niveau d'activité en pratiquant une activité physique, et de deux, réduire le nombre de calories des repas, pour perdre du poids.

Selon cette logique le discours relayé est culpabilisant: "si vous prenez du poids c'est parce que vous ne pratiquez pas une activité sportive à la hauteur de votre appétit!". Bougez-vous ou arrêtez de manger en somme...

Pour coller à cette logique la plupart des programmes minceur consistent en des recettes "light" réduites en calories. Les nutritionnistes sélectionnent des recettes pour lesquelles des viandes maigres ont été cuisinées avec peu ou pas de matière grasse.

Pourtant ces méthodes se révèlent inefficaces. Une fois le régime terminé le poids initial est rapidement repris, et pour certains la prise de poids est même accélérée (l'effet yoyo)... Pour faire adhérer le public à leur discours les marques médiatisent à grand renfort de publicité en ayant recours à des célébrités.

Pourquoi la réduction calorique ne fonctionne pas ?

L'inefficacité de la réduction calorique pour perdre du poids dans la durée est un fait connu des scientifiques. Pour preuve voici le résultat d'une étude 1 issue de la très sérieuse Rockefeller University (New York, USA) qui a porté sur un panel de sujets comprenant des personnes de poids normal et d'autres obèses. Voici en substance ses conclusions:

"Le maintien d'un poids corporel différent du poids habituel est associé à des modifications compensatoires de la dépense énergétique qui s'y opposent. Ces changements expliquent la faible efficacité à long terme des traitements de l'obésité."

Rockefeller University (New York, USA)

Les scientifiques ont observés plusieurs paramètres, dont la production de chaleur, la consommation en oxygène et la concentration d'azote dans l'urine qui sont des marqueurs de l'activité du métabolisme. Ils ont observé qu'après une perte de poids de 10% et une fois leur poids stabilisé, l'ensemble des sujets obèses et non obèses présentaient un rythme métabolique diminué.

De la même manière, ils ont constaté que lorsque ces personnes augmentaient leur poids de 10% et une fois ce poids stabilisé, cela entrainait une augmentation de leur rythme métabolique. 

Ainsi qu'il s'agisse d'une hausse ou d'une baisse des apports énergétiques, l'activité du métabolisme s'adapte à ces changements ce qui tend à retrouver le poids initial. Et c'est bien ce qu'ils constatent.

La nature semble donc bien faite... Mais alors, quelles sont les raisons de la prise de poids?

Des découvertes récentes issue des recherches sur le diabète et l'obésité donnent la réponse. À la lumière de leurs résultats plusieurs experts prennent aujourd'hui la parole publiquement pour vulgariser la réalité des mécanismes de la prise de poids, et comment la réduction calorique est un échec.

Jason Fung: Où vont les calories que nous mangeons?

Selon Jason Fung, néphrologue canadien spécialiste du jeûne intermittent, ces résultats sont la conséquence de l'adaptation de l'homme à des périodes de disette. Selon lui, la modification du poids est liée un mécanisme hormonal.

Dans sa conférence Résoudre le problème des Deux Compartiments le docteur Fung nous explique que toutes les calories ne sont pas équivalentes. 

Cette vidéo possède les sous-titres français.

 

1 seul compartiment à calories

D'après ses travaux, la majorité des participants de l'émission "The biggest loosers" présentant des personnes obèses soumises à un régime draconien de restriction calorique accompagné d'une activité sportive hors norme, reprennent du poids plusieurs mois après la fin du programme.

Pour l'expliquer il prend l'analogie d'un réservoir à calories. Le modèle qui prévaut jusqu'à présent, obéit aux lois de la physique énonçant que dans un système fermé les calories stockées sont la différence entre les calories entrantes (celles que nous mangeons) et les calories sortantes (celles que nous dépensons).

Le problème avec cette représentation, c'est qu'elle est simpliste et ne correspond pas à la réalité.

En conservant cette analogie ce n'est pas un mais deux réservoirs que nous possédons. Premièrement, un réfrigérateur aux calories facilement accessibles, le glycogène, qui stocke nos réserves de glucose, et deuxièmement un congélateur aux calories plus difficiles à atteindre, notre graisse stockée et dont le gardien n'est autre que l'hormone insuline.

2 compartiments d'énergie

Le docteur Fung explique que c'est principalement un niveau élevé d'insuline durant la journée qui empêche le corps d'aller puiser dans nos réserves de graisses. Si nous voulons maigrir, il est nécessaire de réduire notre niveau d'insuline.

Selon lui, le meilleur protocole pour arriver à faire baisser l'insuline est la réduction des glucides accompagnée de périodes de jeûne. En introduisant une ou plusieurs périodes de jeûne de 18h dans la semaine en sautant le petit-déjeuner ou le diner par exemple, le niveau d'insuline baisse fortement. Cela permet d'ouvrir l'accès aux calories stockées dans les réserves de graisses. Le corps sort ainsi de la dépendance aux glucides qui se caractérise par le besoin de manger fréquemment.

David Ludwig: L'impact hormonal des glucides

Certains experts de la nutrition proposent même d'arrêter de compter les calories. Pour David Ludwig, endocrinologue du Boston Children's Hospital, professeur à Harvard et auteur de Toujours faim? (Always Hungry), l'espèce humaine a été à l'abri de la prise de poids durant des milliers d'années avant de connaître le concept de calories, et le coupable est à chercher dans les types d'aliments que contient l'assiette.

En 1999, David Ludwig et son équipe ont mené une étude pour démontrer l'impact de l'index glycémique des aliments au niveau hormonal. Ils ont tout d'abord observé les deux hormones qui régissent la gestion des calories dans le corps: l'insuline et le glucagon.

Tout comme l'insuline, le glucagon est produit par le pancréas. Il possède le rôle opposé de l'insuline (qui est de stocker l'énergie), car il régule la production de glucose par le foie (libération de l'énergie). En d'autres termes, le glucagon permet aux calories stockées d'être libérées pour subvenir aux besoins du corps entre chaque repas. 

Les résultats observés par l'équipe du docteur Ludwig sont majeurs. Quelques heures après un repas à index glycémique élevé les niveaux d'insuline et glucagon ne sont toujours pas revenus à la normale. L'insuline est encore trop élevée et le glucagon est trop bas. Cela a pour conséquence de bloquer l'accès aux deux sources d'énergie principales que sont le glucose et les graisses.

À cet instant le corps se met véritablement dans un état d'alerte. Les scientifiques l'ont observé par l'augmentation de l'adrénaline, l'hormone sécrétée en situation d'urgence.

Satisfaire ce manque d'énergie par l'apport de glucides est légitime mais c'est également le début d'un cercle vicieux dans lequel l'organisme n'est plus capable d'aller puiser dans les calories stockées.

Conclusion

Si vous cherchez à perdre du poids, vous voyez qu'il ne sert à rien de se restreindre. Modifiez plutôt le contenu de votre assiette en supprimant les glucides à index glycémique élevé ou alors consommez-les seulement occasionnellement.

En adoptant une alimentation low carb ou cétogène, faite de viandes et de poissons gras, de légumes et de bonnes graisses vous serez rassasié plus  longtemps, ce qui vous permettra d'abaisser votre insuline. Dans ces conditions, vous verrez que vous pourrez même aller courir à jeun et sauter un repas pas forcément utile de temps en temps.


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