L’oil pulling est une pratique issue de la médecine ayurvédique qui consiste à faire circuler de l'huile dans la bouche pendant plusieurs minutes afin d'éliminer les micro-organismes et favoriser une bonne hygiène bucco-dentaire. Traditionnellement réalisée avec de l’huile de coco, ce nettoyage peut également se pratiquer avec de l’huile MCT.
Dans cet article vous allez voir qu'avoir des gencives saines est crucial pour la santé en général.
Les études montrent que l’huile MCT présente des propriétés anti-microbiennes comparables à celles de l'huile de coco. Pratique, car liquide, c'est l'huile à posséder dans sa salle de bain pour la pratique du oil pulling.
Maladie parodontale : mécanismes en jeu
La gingivite est une maladie inflammatoire des gencives causée par des bactéries pathogènes, qui, si elle n'est pas prise en charge, peut évoluer vers la parodontite. La présence prolongée de ces bactéries dans la plaque dentaire entraîne une inflammation des gencives et une destruction progressive des tissus de la gencive (tissus dit parodontaux).
À l’origine, on retrouve principalement la plaque dentaire, un biofilm composé de protéines salivaires, de débris alimentaires (notamment sucres et acides) et de bactéries. En l’absence d’une hygiène bucco-dentaire rigoureuse, cette plaque s’accumule, se densifie puis se minéralise pour former le tartre, favorisant une infection chronique des gencives.
La gingivite correspond au premier stade. Souvent indolore, elle se manifeste par des signes discrets : saignements lors du brossage, rougeur, gonflement, sensibilité gingivale ou mauvaise haleine persistante. À ce stade, l’atteinte est encore réversible si des mesures adaptées sont mises en place.
En revanche, sans prise en charge, l’inflammation peut évoluer vers une parodontite. Cette phase plus avancée se caractérise par une atteinte des tissus profonds, incluant l’os alvéolaire. Les dents peuvent alors se déchausser, devenir sensibles voire mobiles, et des espaces ou abcès peuvent apparaître. L’évolution est généralement lente mais progressive.
Plusieurs facteurs aggravants sont identifiés. Le tabac joue un rôle majeur en altérant la réponse immunitaire, en réduisant l’oxygénation des tissus et en favorisant la destruction du parodonte. L’alcool et le cannabis augmentent également le risque. Le diabète constitue un facteur bidirectionnel : l’hyperglycémie favorise la prolifération bactérienne, tandis que l’inflammation gingivale peut aggraver l’insulino-résistance.
D’autres éléments entrent en jeu : affaiblissement du système immunitaire (stress, maladies, traitements), prise de certains médicaments induisant une sécheresse buccale, fluctuations hormonales (puberté, grossesse, ménopause), carences nutritionnelles (vitamines C et D), ou encore facteurs locaux comme des prothèses mal adaptées.
L’ensemble de ces facteurs souligne l’importance d’une approche globale intégrant hygiène, nutrition et gestion des facteurs de risque pour prévenir efficacement l’évolution vers les formes sévères.
Rôle des pathogènes
Parmi les bactéries incriminées, Porphyromonas gingivalis et Fusobacterium nucleatum jouent un rôle clé. Elles sont impliquées dans la formation de la plaque dentaire pathogène et la progression de la maladie vers la parodontite.
Des recherches récentes mettent en évidence une association entre ces bactéries et diverses pathologies systémiques, notamment :
- les maladies cardiovasculaires
- le diabète de type 2
- certaines maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer
- des complications inflammatoires chroniques
Le lien causal n'est pas encore établi, il pourrait s'agir d'une association dans un contexte de baisse de l'immunité de l'individu dont l'une des causes pourrait être l'accumulation de xénobiotiques (métaux lourds et autres substances).
Une passerelle vers d'autres maladies
Certaines bactéries présentes naturellement dans la cavité buccale à faible concentration peuvent, dans des conditions particulières, adopter un comportement opportuniste. Ce phénomène est comparable à celui observé avec Candida albicans, une levure habituellement inoffensive mais capable de devenir pathogène en cas de déséquilibre.
C'est le cas de Fusobacterium nucleatum, la bactérie se sert des bactéries déjà présente dans la plaque dentaires pour se fixer et coloniser le milieu.
Mais ce n'est pas tout, elle est associée à des maladies extra-orales telles que le cancer colorectal, l’appendicite, les abcès cérébraux et certaines complications de grossesse. Fait particulièrement effrayant, il est démontré que cette bactérie se propage jusqu’aux organes concernés par la circulation sanguine.
Ces découvertes renforcent l’importance d’un contrôle rigoureux du microbiote oral.
Le rôle de l’alimentation
Au delà de l'hygiène bucco-dentaire vos choix alimentaires ont également un impact significatif sur votre risque de développer une maladie parodontale.
Les régimes riches en glucides favorisent la prolifération bactérienne. Ces nutriments adhèrent à la cavité buccale et servent de substrat aux bactéries pathogènes, aggravant ainsi l’inflammation gingivale.
À l’inverse, une approche nutritionnelle pauvre ou mesurée en glucides, comportant de bonnes graisses est à même de limiter cet environnement favorable aux bactéries.
La sensibilité à la plaque dentaire varie d’un individu à l’autre. Heureusement il est possible de l’observer concrètement au quotidien. Si, après avoir consommé certains aliments, vous remarquez la formation rapide d’un enduit sur vos dents, cela indique qu’ils favorisent un déséquilibre de votre microbiote buccal. Ce phénomène suggère que ces aliments participent à une forme de dysbiose orale et ne soutiennent pas de manière optimale l’équilibre global de votre environnement interne.
Huile MCT et activité antibactérienne

Des travaux scientifiques ont montré que les acides gras C8 et C10 de l’huile MCT sont capables d’inhiber la croissance de P. gingivalis, avec une activité bactéricide directe.
Ces résultats suggèrent que l’utilisation de l’huile MCT en oil pulling pourrait :
- réduire la charge bactérienne buccale
- limiter la formation de biofilm pathogène
- participer à la diminution de l’inflammation gingivale
Des études similaires sur l’huile de coco, riche en acide laurique, montrent également des effets antimicrobiens, bien que les profils d’acides gras diffèrent.
Oil pulling : quels mécanismes d’action ?
L’efficacité potentielle de l’oil pulling repose sur plusieurs mécanismes :
- Effet mécanique : l’agitation de l’huile dans la bouche permettrait de décrocher certaines bactéries et débris
- Affinité lipidique : les membranes bactériennes, riches en lipides, pourraient être perturbées par les acides gras
- Action antimicrobienne directe : certains acides gras (C8, C10) ont une capacité à altérer l’intégrité des membranes bactériennes
L’huile agit ainsi comme un vecteur capable de piéger et d’éliminer une partie du microbiote pathogène.
Comment pratiquer l’oil pulling à l’huile MCT ?
L'oil pulling consiste à prendre une bonne cuillère à soupe d'huile MCT et de la faire circuler consciencieusement dans la bouche. L'idéal est d'arriver à créer une circulation de l'huile entre les dents en s'aidant de la langue en créant des différences de pression dans la cavité buccale.
L'efficacité de l'exercice réside également dans sa durée. On estime qu'une durée de 10 à 15 minutes est nécessaire pour un bon nettoyage.
Nous vous conseillons la pratique de l'oil pulling à jeun le matin comme complément du brossage de dents, donc juste après celui-ci.
Pour aller plus loin
Si le sujet de la parodontite et de ses liens avec les maladies systémiques vous intéresse, nous vous invitons à consulter en ligne le numéro de L'Information Dentaire qui a servi à la rédaction de cet article. Il est accessible ici.
Au format papier, il est possible de se procurer l’ouvrage Paro et Maladies Systémiques, rédigé par Michèle Reners et Leila Salhi, une référence synthétique pour approfondir ces interactions complexes.
Références
- Comprendre la maladie des gencives : gingivite et parodontite - Ameli.fr
- Des chercheurs testent un chewing-gum capable de piéger des microbes impliqués dans le cancer - Futura-science
- Fusobacterium nucleatum : une bactérie du microbiote oral qui favorise le développement des cancers - Planet-Vie
- Short- and medium-chain fatty acids exhibit antimicrobial activity for oral microorganisms. Arch Oral Biol. 2011 PMID: 21333271; PMCID: PMC3119748.
- Analysis of the Effects of Food Additives on Porphyromonas gingivalis. Pathogens. 2022 PMID: 35056013; PMCID: PMC8779409.
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